Oui, mais sous conditions strictes. Une chape peut être coulée toute l'année en Belgique, à condition que le bâtiment soit clos et couvert et que la température reste au-dessus de 5 °C pendant la prise et les jours qui suivent. En dessous, le risque n'est pas un simple retard : il est définitif.
Une chape durcit par réaction chimique entre le ciment et l'eau de gâchage. Si cette eau gèle avant que la prise soit terminée, elle se dilate et désorganise la structure du mortier. Le résultat est une chape friable, pulvérulente en surface, dont la résistance mécanique ne remontera jamais, même après dégel. Il n'existe pas de réparation : la seule issue est la démolition et une nouvelle coulée.
Les 24 à 48 premières heures sont les plus critiques. Une seule gelée nocturne sur une chape coulée la veille suffit à compromettre le chantier.
En hiver, le bâtiment est fermé et l'air intérieur est froid et saturé d'humidité. L'eau contenue dans la chape n'a nulle part où partir : le séchage peut prendre deux fois plus de temps qu'en été. C'est la cause la plus fréquente de retard de chantier entre novembre et mars.
La parade consiste à ventiler sans refroidir et à installer un déshumidificateur plutôt qu'à pousser le chauffage. Accélérer le séchage d'une chape demande de la méthode, car un chauffage brutal fait fissurer. Pensez aussi à protéger la chape des courants d'air directs, et relisez les erreurs à éviter avant de couler une chape.