C'est la question qui coûte le plus cher quand on y répond à l'œil. Une chape dont la surface est claire, dure et sèche au toucher peut contenir encore beaucoup d'eau à trois centimètres de profondeur. Poser un revêtement sur cette chape, c'est enfermer cette eau sous une barrière étanche.
La méthode de référence est la bombe à carbure, aussi appelée mesure CM. Un échantillon est prélevé au burin sur toute l'épaisseur, broyé, puis mis en réaction avec du carbure de calcium dans une bouteille manométrique. La pression obtenue donne le taux d'humidité réel de la masse.
Les seuils couramment exigés avant la pose d'un revêtement sont les suivants :
L'écart entre les deux familles est considérable et surprend souvent : une chape anhydrite doit être nettement plus sèche qu'une chape ciment avant de recevoir un revêtement. Les prescriptions du fabricant du revêtement et du mortier priment toujours sur ces valeurs.
L'humidimètre à pointes ou capacitif donne une lecture immédiate, mais il ne mesure que les premiers millimètres. Il sert à comparer des zones entre elles, pas à décider d'une pose.
Le test du film plastique reste utile comme pré-contrôle gratuit : un carré de polyane scotché hermétiquement pendant 24 à 48 heures. S'il apparaît de la condensation dessous, inutile d'aller plus loin, la chape n'est pas prête.
La règle d'une semaine par centimètre jusqu'à quatre ou cinq centimètres, puis beaucoup plus lentement au-delà, donne un ordre d'idée pour planifier un chantier. Elle ne remplace jamais une mesure, car le séchage dépend aussi de la ventilation, de la saison et du type de mortier.
Notre article séchage de la chape avant carrelage ou parquet détaille les délais par revêtement. Et si le planning est tendu, voyez d'abord ce qu'il est raisonnable de faire pour accélérer le séchage.