C'est l'une des questions les plus mal comprises du métier. Un treillis ne rend pas une chape incassable et n'empêche pas les fissures d'apparaître. Son rôle est plus modeste et plus précis : maintenir les lèvres d'une fissure serrées pour qu'elle reste invisible et sans conséquence sous le revêtement.
À l'inverse, sur une chape adhérente mince, directement liée à sa dalle, le treillis n'apporte pratiquement rien : la dalle fait déjà le travail.
Les fibres, polypropylène ou métalliques, sont mélangées directement au mortier. Elles répartissent la résistance dans toute la masse et traitent efficacement le retrait de prise, celui des premiers jours. Le treillis, lui, agit dans un plan unique mais reprend mieux les efforts de flexion sur support déformable.
Les deux ne s'excluent pas : sur une chape chauffante de grande surface, l'association fibres et treillis est courante. Sur une chape anhydrite, en revanche, le retrait est si faible qu'une armature n'est généralement pas prescrite.
Un treillis posé à plat sur l'isolant puis recouvert de mortier ne sert à rien. Il doit se situer dans la masse, approximativement au tiers inférieur ou à mi-épaisseur, ce qui suppose de le relever au fur et à mesure ou de le poser sur cales. Les panneaux se recouvrent d'une maille au minimum et le treillis ne doit jamais toucher la bande périphérique, sous peine de créer le pont rigide qu'on cherchait à éviter. Mal placé, il ne retiendra rien le jour où la chape fissure.